Révision partielle 2026 de l'OBA-FINMA

Ce que les banques, les assurances et les intermédiaires financiers doivent savoir dès maintenant

Le 12 mai 2026, la FINMA a ouvert la procédure de consultation relative à la révision partielle de l'ordonnance de la FINMA sur le blanchiment d'argent. Le délai de consultation court jusqu'au 9 juin 2026. Cette révision fait suite à des adaptations de la loi sur le blanchiment d'argent, à la mise en œuvre des recommandations du GAFI ainsi qu'à la codification ponctuelle de la pratique de surveillance existante.

En tant que prestataire de services de conformité et d’informations sur le crédit en Suisse, nous accompagnons quotidiennement les intermédiaires financiers dans la mise en œuvre des exigences réglementaires — et voyons dans cette révision à la fois des obligations opérationnelles claires et des opportunités de clarification qu’il convient de saisir dès maintenant.

 

Aperçu des nouveautés : principalement une codification — avec un véritable contenu novateur

L'une des caractéristiques marquantes de cette révision est l'intégration dans le texte contraignant de l'ordonnance d'exigences qui s'appliquent déjà dans la pratique de surveillance de la FINMA. Pour les établissements bien positionnés, il s’agit d’une confirmation du statu quo — pour tous les autres, d’un mandat d’action concret:

  • Structure de propriété et de contrôle (art. 9b nouveau): les banques, les assurances et les autres intermédiaires financiers doivent être en mesure de retracer la structure de propriété et de contrôle de toutes les parties contractantes — et non plus uniquement dans le cas des sociétés de domicile ou des structures complexes. La formulation est délibérément stricte: une exigence «obligatoire» sans marge d’appréciation. La pratique actuelle de la FINMA est désormais inscrite dans le texte de l’ordonnance.
  • Mesures coercitives (art. 30 nouveau): les intermédiaires financiers doivent prendre des mesures organisationnelles spécifiques afin d’empêcher les violations des régimes de sanctions prévus par la loi sur les embargos (LEmb). Concrètement, cela signifie que les listes de PEP et de sanctions doivent être intégrées dans les processus de manière à garantir la traçabilité. Il s’agit là aussi d’une codification — mais avec des conséquences immédiates pour les établissements qui ne l’ont pas encore mise en œuvre de manière systématique.
  • Banques correspondantes (art. 37, al. 5, nouveau): les banques correspondantes suisses ne peuvent exécuter des paiements pour le compte de clients de banques correspondantes étrangères que si les informations pertinentes sur le client peuvent être obtenues sur demande. L’obligation de diligence était déjà exigée aujourd’hui ; désormais, elle figure explicitement dans l’ordonnance.
  • Sous-comptes (art. 65, al. 2, let. d, nouveau): C'est là que réside la véritable nouveauté réglementaire de la révision. À l'avenir, une déclaration relative à l'ayant droit économique devra également être obtenue pour les sous-comptes de clients individuels. Cette exigence ne ressortait pas clairement du texte de l'ordonnance jusqu'à présent et représente pour de nombreux établissements — en particulier dans les secteurs de l'assurance et de la banque — un véritable défi d'adaptation opérationnelle.

Ce que l'audition devrait désormais clarifier

Notre travail quotidien avec les intermédiaires financiers nous l'a appris: ce ne sont souvent pas les nouvelles exigences qui posent problème, mais celles qui manquent de clarté. La révision actuelle laisse en suspens trois points qu'il serait dans l'intérêt de tous les établissements de clarifier:

Premièrement, l’infrastructure de données sous-jacente à l’art. 9b: l’obligation de traçabilité des structures de propriété présuppose que les données correspondantes puissent être collectées et documentées de manière efficace. Le registre de transparence des ayants droit économiques (TJPG) offre une base naturelle à cet effet — à condition que l’utilisation multiple des données UBO soit rendue possible par des interfaces standardisées. Cela ne relève pas de la seule appréciation de la FINMA; une modification de la loi est nécessaire. La consultation est néanmoins le moment opportun pour insister sur cette exigence et faire prendre conscience que la Suisse dispose ici d’une opportunité d’efficacité qui reste jusqu’à présent inexploitée.

Deuxièmement, le champ d'application des sanctions: l'art. 30 fait référence à la LEP, mais ne mentionne pas explicitement la loi fédérale sur le gel et la restitution des avoirs acquis illicitement par des personnes politiques étrangères exposées (LSRVE), qui est également directement applicable. La LAPF est méconnue de nombreux intermédiaires financiers — ce qui peut coûter cher, car même les infractions par négligence sont sanctionnées par des amendes sévères. De plus, il existe une grande insécurité juridique quant à ce que signifie en pratique un «contrôle régulier» des sanctions: pour les banques, la FINMA attend apparemment des contrôles quotidiens — parfois intrajournaliers; tandis que pour les assureurs, les gestionnaires de fortune et les trustees, il n’existe à ce jour aucune norme codifiée. Une réglementation explicite apporterait ici une sécurité juridique dont le besoin se fait cruellement sentir.

Troisièmement, le filtrage des informations médiatiques défavorables: la FINMA attend des intermédiaires financiers qu’ils mettent en place une veille médiatique structurée — non seulement spécifique à la LBA, mais aussi pour les risques de réputation généraux. Ce que cela signifie concrètement dans la pratique reste toutefois largement flou. À l’exception du Liechtenstein, aucun cadre réglementaire dans l’espace germanophone n’a jusqu’à présent formulé de définition explicite. La révision de l’OBA-FINMA serait une occasion unique de combler cette lacune.

Comment nous aidons les intermédiaires financiers à se mettre en conformité

La révision montre clairement que la mise en place d'une infrastructure de conformité n'est pas une tâche ponctuelle, mais un processus continu et intégré. Forts de notre expérience auprès des banques, des compagnies d'assurance et d'autres intermédiaires financiers en Suisse, ainsi que de nos partenaires – tels que KYC Spider à Zurich –, nous identifions trois domaines dans lesquels il est le plus urgent d'agir:

  • Vérification des bénéficiaires effectifs et structures de propriété : les exigences des art. 9b et 65 requièrent des données fiables et à jour sur les bénéficiaires effectifs. Nos services de crédit et de conformité fournissent des informations structurées sur les bénéficiaires effectifs, servant de base à une documentation traçable et conforme aux exigences d’audit.
  • Surveillance des sanctions et des PPE : l’obligation prévue à l’art. 30 ne peut être remplie que si les listes de PPE et les bases de données sur les sanctions – y compris la SRVG – sont intégrées de manière systématique et à une fréquence vérifiable dans les processus. Nos solutions sont conçues pour refléter précisément cette intégration de manière conforme aux exigences d’audit.
  • Base de données intégrée : une conformité efficace ne résulte pas de requêtes isolées, mais de la mise en relation des informations de crédit, d'adresse et de conformité pour aboutir à une évaluation cohérente des risques. Nous ne défendons pas seulement cette approche en théorie — nous la mettons en pratique au quotidien.

Conclusion et recommandations

Cette révision n'est pas une simple mise à jour réglementaire. Elle rend juridiquement contraignantes des attentes de longue date en matière de surveillance, ajoute une véritable nouvelle exigence avec l'obligation de créer des sous-comptes — tout en laissant inexploité un potentiel de clarification qui préoccupe le secteur depuis des années. Les intermédiaires financiers devraient mettre à profit la période de consultation, qui s'étend jusqu'au 9 juin 2026, à deux niveaux : adapter leurs processus opérationnels aux nouvelles exigences et prendre activement position là où la précision est dans leur propre intérêt.

published 21.05.2026


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